07 juillet 2006

Cher 2015 : les réponses au questionnaire

J'ai trouvé intéressant de mettre en ligne l'ensemble des réponses au questionnaire Cher 2015 auquel plus de 9000 personnes ont répondu. On n'a retenu de ce questionnaire que la priorité donnée par les habitants aux questions d'emploi, de santé et de transport. Or bien d'autres choses ont été dites qui intéressent directement le Conseil Général : soutien scolaire, transports doux, importance de la prise en charge des personnes âgées et des personnes en situation de précarité, rôle des services aux personnes pour créer de l'emploi. Je vous laisse le découvrir.

23 mai 2006

Cher 2015

Les premiers résultats du dépouillement des questionnaires adressés à la population du Cher sur l'avenir du département sont intéressants. Je trouve décidément les habitants de ce département lucides et généreux. Si, si !

Lucides parce qu'ils considèrent que l'urgence est plus à la protection de l'environnement, au développement des services et commerces de proximité et des équipements publics qu'à l'embellissement des villes et des centres bourgs. Parce qu'ils savent que pour leurs enfants, la priorité est dans l'environnement pédagogique de l'école (soutien scolaire, moyens pédagogiques, nouvelles technologies), pas dans les murs (ce que les règlements de sécurité drastiques nous conduisent pourtant à faire). Parce qu'ils témoignent d'un véritable intérêt pour les modes de transports alternatifs à la voiture (à 60 % en comptabilisant les transports en commun, le vélo et les autres moyens alternatifs). Lucides et généreux parce qu'ils placent haut parmi les priorités sociales l'aide aux plus démunis.

Nous allons être en difficulté pour répondre à certaines des préoccupations prioritaires de nos concitoyens. Comment s'en étonner : l'emploi, le développement économique, la santé ne font pas partie des domaines dans lesquels le Conseil Général a des responsabilités majeures. Par exemple, le Cher - et c'est heureux ! - n'a pas sa monnaie donc pas de politique monétaire qui permet de jouer sur les exportations : c'est l'Europe. Le Cher - et c'est heureux aussi ! - ne fixe pas le niveau du SMIC et ne peut donc pas modifier fondamentalement le pouvoir d'achat des salariés par ce biais : c'est la France. Ou encore, le Cher - et tant mieux - ne peut pas créer et financer des filières de formation des médecins, ophtalmo, gynécologues et autres spécialistes qui manquent aujourd'hui dans le département (c'est l'Etat). C'est dans le cadre de nos responsabilités politiques nationales qu'il faut agir.

Je ne crois pas qu'il soit bon de faire "comme si" on pouvait agir localement là où la responsabilité est ailleurs. Je ne crois pas que ce soit de bon exercice de la démocratie. J'estime trop le peuple pour ne pas préférer un discours de vérité. La démocratie y gagnerait si chacun assumait sa part de responsabilité - et toute sa part - mais sans forcer ses biceps en se faisant passer comme incontournable là où on est inopérant.

En revanche, il est possible d'expliquer comment, à travers ce qu'il est en responsabilité de faire, le Conseil Général peut contribuer à répondre à certaines de ces préoccupations majeures, par exemple l'emploi. Les personnes interrogées le suggèrent : parmi les secteurs d'activité susceptibles de développer l'activité économique du département, elles citent en premier les PME, puis les services aux personnes, l'artisanat, l'industrie et le tourisme : services aux personnes, tourisme, là, nous avons les moyens d'agir.

24 avril 2006

Avaricum

La première pierre de la Résidence du Bouillet a été officiellement posée ce matin. Il s'agit d'un immeuble HLM d'une trentaine de logements qui s'ajoute aux logements de l'Hôtel Dieu et de quelques autres opérations prévues ou à prévoir dans ce secteur de Bourges.

Je ne doute pas que la qualité des bâtiments soit appréciable et appréciée et des futurs locataires. La question n'est pas là. Ce qui est discutable tient en trois points :
- le Maire présente ces opérations comme un substitut à la démolition prévue des 220 logements d'Avaricum. Or les loyers, nécessairement en hausse, ne seront plus accessibles à une partie des habitants actuels d'Avaricum qui vont se voir "privés de Centre ville". L'opération accentuera la ségrégation sociale ;
- il est tout de même dommage, alors que l'on parle de mixité sociale, de ne pas profiter de la disponibilité de foncier proche d'un centre ville plutôt bourgeois pour augmenter le nombre de logements sociaux disponibles dans ce secteur. Or la démolition des 220 logements sera tout juste compensée, sur un périmètre un peu plus large. Il n'y aura pas amélioration de la répartition du logement social dans la ville ;
- enfin, le gros projet de centre commercial devra être géré avec précision si l'on ne veut pas en cascade voir disparaître des clients et des commerces des secteurs commerciaux et piétonniers du coeur de Bourges (rue d'Auron, rue moyenne, rue Edouard Vaillant, rues piétonnes).

La réaction des habitants présents à cette inauguration reflétait bien ces inquiétudes.

14 avril 2006

Cher 2015

L'avenir du Cher : tout le département en débat.

C'est l'accroche de la campagne d'information que nous lançons pour inciter les habitants du Cher à contribuer à la réflexion "Cher 2015".

Nous travaillions aujourd'hui la question avec Laurent Davezies, universitaire, et un de ses collègues. Leur démarche consiste à repérer l'origine des flux financiers sur un territoire. Ils distinguent notamment le productif privé (industrie, commerces, services, agriculture), le productif public (toute la fonction publique), le résidentiel (retraites, revenus liés à la présence ou la résidence dans le département, même si la résidence principale ou le lieu d'emploi est ailleurs), les revenus sociaux (RMI, chômage, ...). Dans le Cher, la répartition est globalement la suivante : 24 % pour le productif privé (tout confondu) ; 17¨% pour le productif public ; 46 % pour le résidentiel (dont 40 % pour les retraites) ; 13 % pour le social.

Bassin d'emploi par bassin d'emploi, les différences sont marquées. Le bassin d'emploi d'Aubigny est assez autonome et équilibré, espace récréatif (week end ou retraite des Parisiens) et industriel. Le bassin d'emploi de Vierzon se caractérise par son secteur productif privé nettement dominant mais un déficit de résidence et de présence : on travaille à Vierzon mais on n'y habite pas forcément et on n'y consomme pas beaucoup. Renforcer les services et l'attractivité commerciale de Vierzon est peut-être une piste, sous réserve que Bourges ne continue pas à aspirer une partie des revenus produits à Vierzon. Faut-il renforcer l'axe Vierzon-Bourges ? Retrouver une identité au Vierzonnais ? Comment ? A l'opposé, le bassin d'emploi de Saint-Amand ne vit plus par ses emplois de production mais bénéficie en revanche de transferts financiers venant d'autres parties du département ou de l'extérieur : on ne travaille pas à Saint-Amand mais on y réside. Quant à l'est du département, il est - ce n'est pas un scoop -, clairement tourné vers la Nièvre. Tout le département, par ailleurs, bénéficie peu ou prou de la zone d'emploi de Bourges.

Qu'en conclure pour agir ? La préconisation des chercheurs est de ne négliger aucune de ces sources de flux financiers qui toutes contribuent à l'emploi dans le Cher. Demain, dans un pays où la main d'oeuvre sera rare, les choix de résidence qu'auront fait les actifs contribueront à déterminer la localisation des activités, contrairement à ce qui s'est produit depuis un siècle. Il faut donc bien sûr continuer à rechercher des entreprises et surtout à aider le tissu local à se développer, se transmettre et parfois se reconvertir mais il faut aussi bien autant donner envie d'habiter et de consommer chez nous : logement, services aux personnes de 0 à 100 ans, attractivité des pôles commerciaux, qualité des réseaux de santé comme du secteur éducatif, défense des services publics, tourime, ... voilà les richesses de demain.

Cela tombe bien : on est en plein dans les compétences du Conseil Général. Voilà démontré avec force statistique et l'appui de l'autorité universitaire (!) que ce qu'il est convenu d'appeler la dépense sociale est source de richesse. Tiens, il me semble avoir déjà dit ça quelque part !


Au fait, pour Cher 2015, avez-vous pensé à renvoyer le questionnaire de Cher Magazine ?

Notez bien les dates des réunions publiques, de 18 heures à 20 heures : le 31 mai à Saint-Amand à la salle des fêtes, Place Carrée, le 8 juin à Vierzon, salle Madeleine Sologne, le 15 juin à Aubigny, salle des fêtes, le 20 juin à Beffes et le 29 juin à Bourges, salle du Duc Jean.

12 avril 2006

Les performances de l'économie sociale

Le Relais est une association d'insertion avec laquelle le Conseil Général passe convention pour différentes actions en direction des allocataires du RMI. Je prépare mon intervention pour leur Assemblée générale, demain soir.
Le travail fait au Relais, comme dans les autres associations d'insertion, permet à des hommes et des femmes souvent très détruits par la vie de trouver des repères et d'amorcer ou conforter une vie sociale, de chercher une voie professionnelle, de faire ou refaire l'apprentissage de gestes de travail et d'une vie d'équipe. Le Relais est probablement une des associations d'insertion du Cher qui travaille avec celles et ceux qui sont le plus en difficulté : c'est son objet social et ses adhérents y veillent. De ce fait, les résultats en termes d'insertion professionnelle "durable" sont à apprécier en regard de la situation des personnes accueillies. A cette aune-là, Le Relais n'a pas à rougir de ses résultats qui justifient la confiance renouvelée que nous lui apportons.
La droite imagine que le secteur privé ferait mieux. C'est la mode dans plusieurs départements et à l'ANPE qui sous-traite de plus en plus au privé. Une étude publiée dans "Entreprises et carrières" montre pourtant que les opérateurs privés ne sont pas plus performants que les autres, loin s'en faut ! Leurs résultats de placement selon les normes ANPE (CDI ou CDD de plus de 6 mois) varient selon les organismes de 9 % à 38 % du public accueilli, pour des demandeurs d'emploi déjà triés sur le volet (ils refusent de prendre en charge près de 70 % des personnes en recherche d'emploi !). On admet en général, et c'est vérifié dans le Cher, que les résultats d'insertion professionnelle des opérateurs classiques de l'économie sociale sont de l'ordre de 30 % des personnes accueillies. Pour quel prix ? 650 à 2000 € selon le type d'action en association ; 3000 à 6000 € dans le privé. C'est bien l'économie sociale qui est la plus performante... et le secteur privé qui s'enrichit de la misère.
Le professionnalisme de leurs salariés est donc une bonne raison pour s'appuyer sur les associations, l'engagement de leurs militants en est une autre. Avoir, dans la cité, des hommes et des femmes partageant le souci de lutter contre les exclusions et capables d'interpeller la société sur ce point est précieux. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé la signature d'une charte d'engagements réciproques entre le Conseil Général du Cher et les associations oeuvrant dans le cadre du programme départemental d'insertion. Cette charte valorise le militantisme associatif. Elle nous a aussi conduit à proposer aux associations des conventions pluri-annuelles pour leur permettre une meilleure sérennité d'action.

04 janvier 2006

Avaricum : le Maire persiste et signe

Une ville, ce n’est pas que du béton, ce sont aussi des hommes et des femmes dont la vie est dans ce quartier : c’est ce que les élus de gauche ne cessent de répéter mois après mois au Conseil Municipal sur le dossier Avaricum.

17 octobre 2005

Schéma départemental des personnes âgées

La population française vieillit et celle du Cher ne fait pas exception. De 80 000 aujourd’hui dans le Cher, les plus de 60 ans seront 86 000 en 2009, 95 000 en 2014. Les plus de 75 ans seront 3500 de plus en 2009 soit une augmentation de 11 % pour cette tranche d’âge.

Et c’est une bonne nouvelle : car cela signifie que l’espérance de vie augmente et que le déficit de naissances dû à ce drame que fut la grande guerre, déficit qui pèse aujourd’hui encore sur la génération des 85-90 ans, ne s’est pas reproduit dans de telles proportions dans ce siècle. C’est une bonne nouvelle car cela signifie que l’on ne meurt plus aussi vite après des années de travail et que l’on peut jouir de sa retraite dans des conditions de santé sensiblement meilleures. C’est une bonne nouvelle pour les générations qui suivent qui peuvent bénéficier de la richesse des anciens pour peu que chacun fasse un pas vers l’autre : richesse de la mémoire et de l’histoire, richesse des savoirs, des goûts et des lieux oubliés, richesse de cette tolérance et de cette méditation sur la vie qui caractérise les plus anciens.

Richesse humaine, d’abord, le vieillissement est aussi facteur de richesse économique pour nos territoires si nous savons nous en emparer.


Vous pouvez lire l'ensemble de mon intervention du 17 octobre 2005 : schema_departemental_des_personnes_agees_octobre_2005.pdf

09 septembre 2005

Premiers Etats-Généraux de l’Insertion dans le Cher, organisés par le Conseil Général.

Donner les moyens de mieux communiquer entre tous ses acteurs, entre les différents domaines de l’insertion de l’emploi à la santé, en passant par la mobilité, tel est l’esprit qui anime ce nouvel espace de rencontres et de réflexion que sont les Etats généraux de l’insertion.


Vous pouvez lire le dossier de presse présentant ces rencontres dossier_de_presse_etats_generaux_de_l_insertion.pdf et l'ensemble de mon allocution : presentation_etats-generaux_9_septembre_2005.pdf

21 mars 2005

Schéma départemental de l'enfance

Le schéma départemental de l’enfance, de l’adolescence et de la famille a été élaboré conjointement par le Conseil Général et l’Etat, notamment le service de la protection judiciaire de la jeunesse. Il répond à une obligation faite aux départements de définir et délibérer sur les orientations qu’ils entendent adopter pour satisfaire les besoins des familles en termes de protection de l’enfance et de renforcement de l’aptitude des familles à assumer l’éducation des enfants. Comme le prévoient les textes, il a été présenté au Comité régional d’organisation sociale et médico-sociale qui y a apporté un avis favorable.

Retrouvez l'ensemble du texte présenté en mars 2005 : schema_departemental_de_l_enfance_mars_05.pdf

15 janvier 2005

Plan de renouvellement urbain : un projet qui oublie les habitants

Démolitions dans les quartiers nord et à Avaricum, reconstruction d’immeubles et de pavillons, lancement de grands travaux de voirie : certains quartiers de notre ville vont connaître un grand chambardement dans les prochaines années. 300 millions d’euros seront investis en cinq ans, soit près de 10 fois le budget annuel d’investissement de la ville. Quelques progrès devraient en résulter mais aussi de nombreuses difficultés pour beaucoup de nos concitoyens.

Retrouvez l'ensemble de ma réflexion parue dans "Vivre à Bourges" en janvier 2005.