15 décembre 2009

Besoins sociaux

Le Centre Communal d'Action Sociale de la Ville de Bourges présentait la première étape d'une analyse des besoins sociaux des Berruyers. S'il ne fallait retenir qu'une chose de cette présentation, ce serait le contraste extrêmes entre les quartiers, avec un revenu médian autour de 500 euros pour le quartier des Pressavois ...

L'analyse du logement, de la population et de ses ressources confirme aussi clairement le déficit de logement qui a marqué ces dernières années et rejeté loin de la ville une part de la population, en particulier les jeunes ménages : la politique de destruction massive de HLM, la frilosité des opérations d'amélioration de l'habitat, la passivité pour reconquérir les firches urbaines, la lenteur à modifier le plan locl d'urbanisme, tout a concouru à aggraver cette tendance.

Enfin, je retiens les différences marquées de revenus entre les catégories d'âge : comme partout en France, les jeunes sont pauvres mais cette pauvreté reste marquante jusqu'à 40 ans et plus. Ce sont les plus de 50 ans, et les retraités, qui ont les revenus médians les plus hauts.

Et puis, mais ce n'est pas une suprise pour moi, il y a le net vieillissement de la population. Il serait temps que ce soit vraiment pris en compte à Bourges, dans la forme de l'habitat, dans les offres de transports, dans la répartition et les formes de commerce, dans les services et loisirs, dans les priorités de formation, ...

07 décembre 2009

Session du Conseil Général : le RSA

Lors de la session de ce jour, j'ai eu l'occasion de revenir sur le flou assez peu artistique qui entoure la mise en place du RSA du côté des CAF. L'accès aux informations concernant le nombre de personnes concernées par le dispositif, leurs coordonnées (je rappelle qu'on est sensé les aider dans leurs projets professionnels ... et on galère pour avoir la liste des intéressés !!!!), la justification du montant des allocations versées est très problématique. La facture qui nous a été présentée, dans le Cher, suppose une augmentation de 50 % en un mois du nombre de parents isolés ! C'est bien sûr invraisembable ! Les autres départements constatent la même chose. C'est pourquoi je suggère qu'un audit du système soit effectué au niveau national.  

Et il y aura des gens à droite pour estimer qu'on gère mal ! Comment gérer dans de telles conditions dues à l'imprévoyance de la majoirté de droite au niveau national ?

Crèches : une équipe professionnelle stable et formée, cela a un coût

La télé revient ce soir sur une situation de maltraitance d'enfants dans une crèche en Italie. Suit une interview de Madame Morano, qui explique les précautions prises en France pour éviter cela.

Je ne crois malheureusement pas qu'on puisse à 100 % éviter des situations de maltraitance dans des institutions, pour enfants, personnes handicapées et personnes âgées. Mais un maximum de moyens doivent être pris pour réduire au maximum le risque.

Il est vrai que les conditions d'agrément des assistants maternels d'une part, des structures collectives d'accueil des jeunes enfants d'autre part sont sérieuses, sinon drastiques. La formation des professionnels, y compris des assistants maternels à domicile, qui s'est mise en place ces dernières années y contribue. Dans les structures collectives, de même, la qualification des professionels est de plus en plus grande. Cela a un coût.

Dans le Cher, par exemple, les structures associatives d'accueil de la petite enfance, qui sont à peu près les seules en milieu rural, par défaut d'initiative communale ou intercommunale, forment leurs professionels (il est parfois difficile en milieu rural de trouver directement des personnes formées) et tentent au maximum de pérenniser leurs postes. Les financements du Conseil Général et du Conseil Régional (par Cap Asso) permettent de transformer des emplois aidés en CDI. Par ce fait, l'emploi est moins précaire et l'employeur (l'association) motivée pour former quelqu'un qui restera dans la structure.

Ainsi, entre 2004 et 2008, on est passé dans le réseau associatif de l'ARPPE, de 116 places de crèches encadrées par 51 postes à 204 places, encadrées par 134 professionnels (70 ETP). En 2004, sur les 51 postes, 53 % étaient en contrat aidés. Ils ne sont plus que 25 % aujourd'hui. On a donc réussi à la fois l'extension du service, considéré comme condition d'attractivité du département (démarche "Cher 2015") et l'amélioration de la qualité des emplois donc, on présume, de la sécurité des enfants.

Cela a coûté, au Conseil Général du Cher, hors structure pour enfants autistes et hors animation du réseau, environ 130 000 euros pour 2009 + l'aide complémentaire pour les Cap Asso. On arrête faute de financement ?

04 décembre 2009

Une journée ordinaire

9 h : Commissions Administratives Paritaires à Bellevue. Notations assez largements inutiles, mais surveillées de près par les agents. 11 h : je me rends à l'espace Colibri qui regroupe les associations Mosaïc (accueil des réfugiés) et ADA (Association de Distribution Alimentaire). Ici, les militants font leur part dans la lutte contre la misère de ce monde ; toute leur part. Si tout le monde en faisait autant... Apparté avec une des âmes du lieu : elle sait que ce sera plus difficile que jamais de boucler les financements 2010. S'il y avait des postes disponibles au Conseil Général pour garantir un emploi à tel collègue ? Elle pense toujours aux autres. Je croise l'ancien Président du Secours Catholique, un homme pour qui j'ai infiniment de respect, engagé à nouveau dans une nouvelle mission. J'échange avec la directrice d'une administration, à qui je confie ma lassitude de gérer la pénurie. Elle sait : c'est pareil chez elle. Avant de partir, j'échange avec un usager de l'aide alimentaire, que je connais par ailleurs : satisfait des évolutions en cours pour l'aide alimentaire, de la proposition d'adhérer à l'association qui lui a été faite. Il y a décidément des gens bien, ici. Mais de moins en moins de nourriture équilibrée à distribuer. 13 h : je mange avec la Directrice Générale Adjointe du Conseil Général. Elle travaille sur de nouvelles hypothèses de restrictions de budgets, dans un secteur pour lequel les choses devaient pourtant être réglées. Profonde envie de baisser les bras. 14 h 30 : je reçois un agent du Conseil Général, amère de ne pas avoir eu d'évolution de carrière dans cette collectivité qu'elle a servi plus de 20 ans, après des années d'exercice dans d'autres collectivités. Elle me montre sa simulation de retraite pour l'an prochain : 800 euros. Je serre les dents. Hier, à la réunion de présentation au personnel des évolutions législatives en cours concernant les collectivités locales, deux messages étaient passés : "n'augmentez pas à nouveau les impôts" et "maintenez nos primes". Autrement dit, "côté pouvoir d'achat, on peine". 16 h : Je retrouve Pascal Méreau et Philippe Fournié pour une bref échange. Pascal part en réunion cantonale : ramer encore pour expliquer la situation financière du département, assumer l'absence d'engagement vis-à-vis des communes. Je prends connaissance de l'article du Berry qui retrace la réunion d'Aubigny à laquelle j'étais la semaine dernière. L'article est bien. Bref baume au coeur.  16 h 30 : conférence de presse avec Alain Rafesthain et JM Guérineau pour présenter la session de lundi. Au programme, le fonds solidarité logement et énergie toujours plus sollicité et le RSA qui se met péniblement en place. Le gouvernement est parti à la va-vite, rien n'est calé, le Conseil Général est prié de payer des sommes qui accusent des hausses considérables d'un mois sur l'autre. Impossible ou presque de contrôler ce que la CAF nous facture. Pourtant, le service se met en place pour accueillir et accompagner au mieux les allocataires, anciens et nouveaux. Cela se fait à force de miracles en raison de trop nombreux postes vacants dans la direction concernée. A tous les niveaux, chacun s'épuise. Le service public est magnifique, il ne faudrait pas le faire exploser. 18 h 30 : Sainte-Barbe aux Gibjoncs. Long échange avec un responsable de forces de sécurité. La connaissance aigue des réalités sociales, des drames de la misère et de la solitude, par ces professionnels m'a toujours frappée. Un échange avec les jeunes sapeurs pompiers de Bourges, des jeunes de 13 à 16 ans me redonne le sourire : ces jeunes sont courageux, et donnent du sens à leurs vies. Dans cette société qui a de plus en plus peur de l'autre, on va bigrement avoir besoin d'eux. 20 h : je rentre, fatiguée. Journaux et dossiers s'entassent. Ce soir, je me couche tôt.

27 novembre 2009

Aubigny

J'étais ce soir à Aubigny pour représenter la majorité départementale à la réunion cantonale organisé par le conseiller général d'Aubigny en direction des Maires des communes du canton (Oizon, Sainte-Montaine, Ménétréols sur Sauldre et Aubigny). Forcément, mon rôle était de faire prendre conscience aux élus locaux de la situation financière dans laquelle nous mettent les décisions de la droite au niveau national et de ses conséquences sur notre capacité à aider les communes et les acteurs locaux.

Assez bel exercice de fleuret avec Y. Fromion, le Maire UMP d'Aubigny ! Il n'a manifestement pas conscience de la gravité de la situation. Je trouve ça inquiétant.

25 novembre 2009

Grenelle de l'environnement et conférence de Copenhague : quelles conséquences pour le travail

Jean-Pierre Saulnier et moi-même vous invitons mardi 8 décembre à 19 h 15 à l'IUT à une conférence sur ce thème avec Jean-Louis Levet, économiste et directeur général de l'IRES (Institut au service des syndicats de salariés) et une table ronde composée d'Alain Brunaud (Medef), Dominique Clavier (CFDT), Jean-Pierre Planson (CGT) et Annie Siret (MSA). J'y reviendrai. En attendant, vous pouvez jeter un oeil sur le site de la confédération européenne des syndicats qui travaille sur le sujet.

18 novembre 2009

J'aime mon département

Vous trouverez ci-joint le sondage commandé par l'Assemblée des Départements de France sur la perception qu'ont les Français des collectivités locales et singulièrement des départmeents, et leur appréciation sur la réforme en cours.

Instructif : ils aiment leur département, le connaissent autant en milieu urbain qu'en rural, apprécient ses actions, le trouvent efficace et pas ringard. Quant à la réforme, ils la jugent électoraliste, confuse et pas prioritaire. Que demander de plus !

Pour moi, un point d'alerte : le jugement des Français sur l'efficacité du service public d'Etat est manifestement médiocre. Oui, la droite a réussi à faire passer l'Etat pour inefficace. Or l'Etat, solidaire, garant, unitaire, fait partie de "l'identité de la France".

Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains

Mon mandat de Secrétaire Générale de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains a été renouvelé aujourd'hui, jusqu'au prochain congrès. A ce poste, je suis au côté du Président, Claudy Lebreton, en prise directe avec la gestion de notre fédération nationale ; je participe aux débats au sein de cette instance sur les sujets touchant les collectivités locales ; j'ai accès en primeur à de nombreuses informations sur les lois et rapports en instance ; je contribue au comité de rédaction de notre revue, "Communes de France" ; j'assure un certain nombre de représentations et de liens.

C'est une tâche intéressante, qui me permet d'être en relation avec de très nombreux élus locaux et de bénéficier de leurs expériences. Je considère ce poste comme très utile à l'exercice de mes mandats locaux.

17 novembre 2009

Assemblée de Départements de France : les élus se rebellent !

Nous étions près de 2000 conseillers généraux à Paris hier pour débattre de la réforme des collectivités territoriales. Le ton était clairement à la révolte, à l'exception du président UMP du groupe de droite, en service commandé au nom du gouvernement.

Pourtant, bien des élus de droite critiquent la réforme. J'ai particulièrement apprécié l'intervention du Président (UMP) de la Haute-Loire, expliquant pourquoi la réforme n'était pas acceptable dans son département rural et vieillissant. C'est lui qui a défendu la péréquation, allant même jusqu'à assumer la contradiction qu'il y a entre cette demande (tous pour un) et celle de plus d'autonomie financière (chacun pour soi). C'est lui aussi qui a réclamé une loi pour assurer un financement pérenne de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées, étape incontournable pour régler la question des finances départementales. Lui encore qui a eu le courage de formuler une proposition (+ 1 point de CSG), proposition qu'on peut discuter, disputer, mais qui a le mérite d'en être une.  

La présence de représentants des communes et des régions était symboliquement importante. Il est crucial que tous se serrent les coudes, même si les éléments qui fâchent ne sont pas tout à fait les mêmes pour tous. Pour les régions, clairement, la question de l'autonomie financière se pose (elles n'en auraient plus ou presque plus) ; pour les communes, c'est à la fois l'éloignement des centres de décision et la perte des soutiens départementaux et régionaux qui conduirait à l'impasse. L'assemblée des Maires, aujourd'hui et demain est et sera agitée !

L'idée de pétitionner pour obtenir un référendum d'initiative populaire a été lancée. Après celui en préparation sur la Poste, cela ferait un beau sujet de mobilisation citoyenne.

 

 

15 novembre 2009

Le Fil est à votre écoute

Nous ouvrons, au Conseil Général du Cher, un numéro d'appel anonyme et gratuit (à partir d'un fixe) pour les enfants, les adolescents et les familles. On peut appeler le 0800 40 18 18 du lundi au vendredi de 16 h à 19 h.

L'ouverture de ce nouveau service résulte de l'analyse faite dans le cadre du schéma départemental de l'enfance. Nous avons trop d'enfants qui nous sont confiés, parce que trop de familles à un moment ou à un autre dépassées. Les aider à passer un moment diffiicle, les rassurer sur leurs capacités, quand il est encore temps, les orienter vers le bon service, si c'est nécessaire, c'est cela que le Fil doit faire.

La campagne de com' met en scène un personnage, perdu sous un gros nuage noir et la pluie qui tombe. "Quand c'est comme ça", dit le slogan, le Fil est à votre écoute.

Le service s'adresse autant aux enfants qu'aux parents. Il doit beaucoup au partenariat que nous avons avec associations et institutions qui vont prendre près d'un tiers des créneaux d'écoute. A noter une écoute en double, pour plus de qualité.

Le service public local progresse, malgré tout.

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