03 août 2006
Monsieur le Préfet, vous ne pouvez pas !
Monsieur le Préfet, vous ne pouvez pas expulser Paolo et N'tuttu, jeunes majeurs "seuls au monde", que nous avons "élevé" ces dernières années, nous tous, citoyens français, par le biais des services du département auxquels ils ont été confiés à leur arrivée en France.
Vous ne pouvez pas expulser Jamilatou, jeune majeure abandonnée à l'approche de sa majorité par son oncle, seul parent référent.
Vous ne pouvez pas expulser les soeurs Navoev, jeunes majeures aussi dont les parents et le petit frère ont l'autorisation de rester en France, jeunes filles rayonnantes et, comme les autres, parfaitement intégrées.
Vous ne pouvez pas expulser Zolboot, ce petit enfant sourd, et sa famille, et surtout, Monsieur le Préfet, vous ne pouvez pas proposer de les séparer ce qui serait cynique.
Vous ne pouvez pas expulser Revaz, sa soeur et sa maman, dont la vie est en France.
Et sûrement d'autres que je ne connais pas personnellement.
Monsieur le Préfet, vous ne pouvez pas.
21:55 Publié dans Les campagnes nationales , Mes actions au Conseil général du Cher , Mon implication d'élue à Bourges | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité, politique
12 juillet 2006
Les services aux personnes : veiller à l'égalité d'accès
Je remercie les services du Conseil Général de m'avoir sensibilisée à cette question : nous avons la chance, dans le Cher, d'avoir une très forte proportion de maisons de retraite publiques ou associatives habilitées à l'aide sociale. Ces maisons de retraite ont un prix de journée (ce que payent les familles) arrêté par le Conseil Général après discussion avec la structure. Ce prix de journée, bien que parfois encore assez lourd pour les familles, reste inférieur à celui que l'on atteint dans les structures privées à but lucratif. Si la famille ne peut pas payer, le séjour peut être pris en charge par le Conseil Général au titre de l'aide sociale, ce qui n'est pas possible dans les maisons de retraite privées. Du coup, quand une place est libre dans une structure publique ou associative, tout le monde, riche ou pauvre, a la même chance de pouvoir en profiter.
Dans le schéma départemental des personnes âgées que nous avons adopté en janvier dernier, nous nous sommes fixé pour objectif de conserver cette forte proportion de structures publiques ou associatives (85 % des lits dans le Cher). Cela nous conduit par exemple à privilégier une structure publique ou associative sur Vierzon et à limiter le nombre de projets privés à développer sur Bourges. C'est une décision politique pour l'égalité de tous face à la vieillesse. C'est une bonne décision.
23:15 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité
05 juillet 2006
Solidarité nationale et RMI
Je représentais le Conseil Général du Cher à une réunion des Présidents de Conseils Généraux de gauche mardi dernier. Nous sommes revenus sur la question de la compensation financière par l'Etat du transfert du RMI aux départements.
Pour mémoire, autrefois (jusqu'en 2004), c'est l'Etat qui payait l'allocation du RMI à leurs destinataires, par l'intermédiaire des Caisses d'Allocations Familiales. Depuis Raffarin, c'est aux Conseils Généraux de le faire. Pour payer cela, l'Etat a transféré aux départements les sommes qu'ils dépensait avant 2004. Or depuis, le nombre d'allocataires du RMI a vertigineusement augmenté. Il reste donc à la charge de tous les départements de France 850 millions d'euros non compensés (5 millions d'euros dans le Cher).
Les Conseils Généraux demandent que la compensation soit totale. Ils notent au passage que pour 2006, entre les baisses d'impôt sur le revenu et les modifications de l'impôt sur les grandes fortunes, l'Etat s'est privé d'une recette de 1, 4 milliard d'euros. On a baissé la contribution des riches et on ne peut plus payer pour les plus pauvres. C'est la droite.
A gauche et dans les départements, pas question de céder. Il faut y revenir sans cesse.
23:30 Publié dans Les campagnes nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, solidarité, politique
31 mai 2006
Se déplacer
Pouvoir se déplacer est un véritable problème quand on habite en milieu rural et qu'on ne peut pas conduire parce qu'on est trop jeune, trop âgé, pas assez riche. Faciliter les déplacements est un des thèmes qui ressortent comme prioritaires dans les questionnaires de Cher 2015. Le schéma départemental des transports devrait apporter une amélioration du service de transports en commun à partir de la rentrée 2007.
Avec les services de la direction des solidarités du Conseil Général, nous travaillons aussi pour proposer des solutions originales pour celles et ceux qui ont des difficultés à se déplacer : minibus pour accéder à des activités ou des services, garage associatif, aide au permis de conduire, prêts de vélos, mobylettes voire location associative de véhicules, ... C'est un peu long à mettre en route mais j'espère que l'on débouchera d'ici la fin de l'année.
22:35 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : solidarité
21 mai 2006
Evaluer le travail d'insertion
Je souhaite faire évoluer les modalités d'évaluation des actions d'insertion financées par le Conseil Général. Aujourd'hui, il est très difficile d'apprécier le travail effectué : se contenter des statistiques de retour à l'emploi est excessivement réducteur et parfois totalement inadapté à la finalité des actions entreprises.
En fait, ce qui compte, c'est le chemin parcouru. Il part de quelque part, un endroit différent pour chacun. 6 mois, un an après, on est ailleurs sur ce chemin. Ce sont ces distances parcourues que je veux voir évaluer individuellement puis cumuler pour évaluer globalement le travail de la structure d'accueil.
Je suis en effet convaincue que dans la situation financière actuelle, on ne pourra continuer de justifier le travail d'accompagnement des personnes privées d'emploi que si on l'explique, on en parle, on en présente les résultats individuels et collectifs pas seulement entre professionnels. C'est une urgence.
21:15 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité
19 mai 2006
Visites aux malades
Je n'ai consacré que trop peu de temps aux dix ans de l'association Visite des Malades en Etablissements Hospitaliers. J'admire ces personnes qui trouvent les ressources pour aller visiter à l'hôpital ou en maison de retraite des personnes alitées. La maladie, la souffrance, la mort, on a plus souvent envie de s'en éloigner que de s'en rapprocher. Alors chapeau à celles et ceux dont la présence - des témoignages l'attestent - est un réel réconfort.
18:50 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité
17 mai 2006
Incivilités et délinquance
Toujours agir sur quatre points : la prévention, la dissuasion, la sanction, la réparation.
La prévention est du ressort de tous. Elle concerne un très large champ et en particulier le champ éducatif. Elle est donc de la responsabilité première de l'Etat (Education nationale) mais aussi des Conseils Généraux (protection maternelle et infantile, aide à la parentalité, prévention et protection de l'enfance en danger), des communes (accueil de l'enfance, activités périscolaires, vie associative, ...). La prévention touche aussi aux questions de logement, d'accès à l'emploi, de lutte contre les discriminations, ...
La dissuasion, c'est "la peur du gendarme". Le "gendarme" c'est selon les cas, la police ou la gendarmerie, les services fiscaux et l'inspection du travail, les contrôles d'hygiène et de salubrité, ... C'est, essentiellement, du ressort de l'Etat, encore que les communes soient compétentes sur le champ de l'hygiène et que les travailleurs sociaux aient parfois un rôle "dissuasif" (par exemple quand ils représentent ceux qui peuvent être à l'origine d'un retrait d'enfant à sa famille). Pour que la dissuasion soit efficace, il faut que la sanction soit connue et réputée désagréable et que les faits susceptibles de faire l'objet de sanction soient repérés comme tels par leurs auteurs potentiels. C'est moins simple qu'il n'y paraît.
La sanction est indispensable. Elle rappelle qu'il existe des règles communes à la société, de portée universelle, que personne ne saurait enfreindre. Elle doit avoir un rôle et un sens pour le délinquant et pour la victime, être personnalisée et proportionnée, toucher les individus et non les groupes ou les familles. C'est souvent dans le domaine des incivilités et de la petite délinquance que c'est le plus difficile car les sanctions ne peuvent être que limitées, les faits peuvent se répéter et la société a fréquemment le sentiment - qui n'est pas toujours faux mais qui n'est pas non plus tout à fait exact - que rien n'est fait. La sanction est le fait de la justice dont les moyens dépendent de l'Etat. Sa mise en oeuvre peut faire intervenir différents services : ceux de l'Etat bien sûr (prison, protection judiciaire de la jeunesse, ...), ceux du Conseil Général ou d'associations mandatées (pour le suivi d'enfants dont les familles sont jugées temporairement ou durablement déficientes).
La réparation ne concerne pas seulement les délinquants même si des travaux d'intérêt général ou des dommages aux victimes font partie de la sanction. La réparation est aussi proposée par la société aux victimes sous différentes formes : écoute, assistance juridique, soutien psychologique, nettoyage ou réparation dans les espaces publics ou collectifs, parfois même privés. Le plus souvent, cette dimension de réparation publique est insuffisante pour répondre à la détresse des victimes. C'est au milieu associatif que l'on doit les premières initatives en ce domaine. Aujourd'hui, le financement de ces actions par l'Etat est souvent minime, les communes étant souvent au premier rang pour agir.
Tout cela ne marche que si chacun dans la société partage un tant soit peu la même perception de ce que la société ne peut accepter et si les sanctions ont quelque chance d'être appliquées et d'être "réputées désagréables" (pour prendre un exemple, une amende n'a pas le même effet dissuasif pour les uns et les autres selon le pouvoir d'achat et plus globalement le rapport à l'argent). Il existe des situations, que j'espère rares, dans lesquelles, à l'évidence, ce pré-requis n'existe pas. Alors, en même temps que l'on exerce les sanctions, il faut recommencer par le commencement c'est à dire amener les personnes à partager le langage et les concepts communs de la société. C'est long, c'est difficile, parfois impossible. Mais je ne crois pas qu'il y ait d'autre solution dans une société de droit.
22:15 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité
06 mai 2006
Les bronzés 3 ou pourquoi faire de la politique ?
Ils sont allés voir les Bronzés 3 et ont décidé de retrouver leurs copains d'il y a 25 ans ! J'ai participé le week end dernier à des retrouvailles avec mes copains de prépa. Les parcours personnels, affectifs, spirituels, professionnels et militants des uns et des autres sont riches et parfois étonnants.
Me voilà donc sommée de justifier mon engagement politique. Il y a quelques années, j'aurais répondu : parce que l'état du monde ne me satisfait pas ; parce que je supporte pas l'injustice. J'aurais peut-être rajouté : vu l'état du monde, comment peut-on ne pas faire de politique ?
Aujourd'hui, j'aurais une réponse peut-être plus modeste. Je crois qu'il est bien assez des malheurs face auxquels la politique ne peut rien ou si peu (la maladie, la solitude, la mort) pour que nous n'y ajoutions pas d'autres malheurs sur lequels nous pourrions agir (la faim, l'absence de libertés, d'éducation, de dignité, ...). C'est cette exigence qui m'anime.
Il paraît que cet engagement, à 25 ans de distance, n'a en fait étonné personne.
Je vous livre quelques lignes des Mémoires d'Hadrien, de Marguerite Yourcenar, qui dit cela magnifiquement.
20:00 Publié dans Première Secrétaire fédérale du PS du Cher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité
05 mai 2006
Mémoire de l'immigration
Accueil et Promotion organisait le 4 mai une journée d'échanges sur "Mémoire de l'immigration et discrimination".
Une étude sociologique menée sur "les michelins" de Bourges et Saint-Doulchard apportait un intéressant éclairage sur la mémoire des salariés : départ de leur pays d'origine, arrivée en France, arrivée chez Michelin, vie à Michelin et dans la ville, conditions d'intégration au travail et dans la cité. On aurait eu envie d'en savoir plus, de prendre le temps d'en discuter et d'échanger, de creuser les différences éventuelles survenues au cours des années et sous l'influence des rapports différents entre besoins en main d'oeuvre de l'entreprise et besoin en travail des salariés. C'est en tous cas un travail utile.
La présentation faite du projet de Cité nationale de l'histoire de l'immigration n'éludait pas la question de fond : mettre en valeur la mémoire de l'immigration ne sera une contribution au dialogue et au lien social entre les habitants de ce pays que si les politiques de l'immigration et de lutte contre les discrimination menées au moment de l'ouverture de cette cité (en 2007) ne sont pas en totale contradiction avec cet objectif.
19:10 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité
03 mai 2006
Front Populaire
C'était il y a 70 ans. L'urgence face au fascisme et au nazisme. Le rassemblement de la gauche, la mobilisation populaire ont permis des avancées sociales dont nous gardons la trace. On retiendra en particulier l'augmentation des salaires, l'établissement des contrats collectifs de travail, l'instauration des délégués du personnel, la loi sur les 40 heures et les congés payés, la création de l'Office national du blé, la nationalisation des industries d'armement, un programme de grands travaux.
De superbes images de ces premiers congés payés ont été conservées : elles témoignent de ce moment extraordinaire de liberté, de dignité, de partage pour les familles ouvrières qui en avaient été jusque là privées.
C'est pourquoi il était important que le Conseil Général accompagne la proposition du secours populaire du Cher pour offrir des vacances à ceux qui en sont trop souvent privés.
19:35 Publié dans Les campagnes nationales , Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Solidarité

