11 juillet 2006
Le marché des services aux personnes
"Pour 9000 euros, on ne va pas y passer la journée". Ainsi s'est conclu cet après-midi un débat au bureau du Conseil Général sur le fait de savoir s'il fallait ou non soutenir plus avant un projet de crèche porté par un groupe privé.
Je ne partage pas cet avis. Ce n'est pas le montant qui est en cause, c'est le principe. Pas celui de savoir s'il faut ouvrir des crèches : il en faut. Ni s'il faut en ouvrir dans les zones industrielles : je ne trouve pas ça folichon pour les gamins de grandir entre deux usines, ni génial du point de vue du lien social de se priver des rencontres de proximité dans les communes ou quartiers, mais admettons, c'est pratique pour les parents.
En revanche, ce qui me gène, c'est qu'on fasse aujourd'hui du business sur les services aux personnes : personnes âgées pour les uns, soutien scolaire pour les autres, crèches dans le cas présent. C'est "l'air du temps", c'est "inévitable", c'est "plus rapide", ... L'air du temps n'a jamais été un argument politique mais admettons encore. En revanche, cela devait aussi "ne rien coûter". Et voilà que ce projet est parti pour mobiliser plus d'aide du Conseil Général que n'importe quel projet communal ou associatif.
Et ça, ce n'est pas affaire de 9000 €, c'est affaire de principe : ça m'ennuie.
00:30 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Social
05 juillet 2006
Solidarité nationale et RMI
Je représentais le Conseil Général du Cher à une réunion des Présidents de Conseils Généraux de gauche mardi dernier. Nous sommes revenus sur la question de la compensation financière par l'Etat du transfert du RMI aux départements.
Pour mémoire, autrefois (jusqu'en 2004), c'est l'Etat qui payait l'allocation du RMI à leurs destinataires, par l'intermédiaire des Caisses d'Allocations Familiales. Depuis Raffarin, c'est aux Conseils Généraux de le faire. Pour payer cela, l'Etat a transféré aux départements les sommes qu'ils dépensait avant 2004. Or depuis, le nombre d'allocataires du RMI a vertigineusement augmenté. Il reste donc à la charge de tous les départements de France 850 millions d'euros non compensés (5 millions d'euros dans le Cher).
Les Conseils Généraux demandent que la compensation soit totale. Ils notent au passage que pour 2006, entre les baisses d'impôt sur le revenu et les modifications de l'impôt sur les grandes fortunes, l'Etat s'est privé d'une recette de 1, 4 milliard d'euros. On a baissé la contribution des riches et on ne peut plus payer pour les plus pauvres. C'est la droite.
A gauche et dans les départements, pas question de céder. Il faut y revenir sans cesse.
23:30 Publié dans Les campagnes nationales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : social, solidarité, politique
23 juin 2006
Travailler auprès des personnes âgées
Samedi dernier, j'échangeais avec trois aides soignantes qui travaillent à la Maison de retraite départementale de Bellevue.
Je préside le Conseil d'administration de cette maison de retraite. Parmi mes responsabilités, c'est une de celles qui me pèse le plus : 600 lits, 5 bâtiments, des couloirs et des étages. Quelle que soit la qualité du travail qui y est fait, cette maison, je dirais presque cette ville, est terriblement anxiogène. Sûrement, il y a quelque chose de ma propre peur du temps qui passe dans mon rapport à cette maison. Je constate que je ne suis pas seule à réagir ainsi.
Mes interlocutrices parlaient de leur métier avec passion, en particulier de formations qu'elles avaient récemment suivies pour modifier leur approche des résidents. Elles appelaient cela "humanitude". Regarder les personnes lors de leur toilette, leur parler, finir la toilette par le visage : "c'est tout le contraire de ce qu'on apprenait à l'école d'aide-soignante" m'ont-elles dit. Et ça marche : moins d'agressivité de la part des personnes âgées, restauration d'une part d'autonomie, personnes recommençant à marcher ... "Mais nous n'avons pas le temps de le faire avec tous". Dommage.
Merci en tous cas pour votre façon de parler de votre métier que j'ai trouvée réconfortante.
20:25 Publié dans Mes actions au Conseil général du Cher | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Social, personnes âgées

